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PKR ou Femto-LASIK : quelles différences ?

Le Femto-LASIK et la PKR sont les deux techniques de chirurgie laser les plus pratiquées aujourd'hui pour corriger la myopie, l'hypermétropie et l'astigmatisme. Toutes deux donnent d'excellents résultats : au-delà de quelques mois, la qualité de vision obtenue est équivalente. Ce qui les distingue, c'est la manière d'y parvenir.

Le Femto-LASIK soulève une fine lamelle de cornée pour appliquer le laser sur la couche située en dessous, ce qui permet une récupération visuelle en quelques heures et un confort postopératoire immédiat. La PKR retire délicatement la couche superficielle de la cornée pour que le laser travaille directement en surface : la récupération est plus progressive, mais cette technique reste la référence pour certains profils de cornées ou de modes de vie.

Il n'existe pas de « meilleure » technique dans l'absolu. Le bon choix dépend de l'épaisseur de votre cornée, de votre activité professionnelle, de vos pratiques sportives et de quelques autres critères que nous évaluons ensemble lors du bilan préopératoire. Cette page vous aide à comprendre les différences entre les deux approches, pour aborder cette consultation en confiance et en toute clarté.

Le geste

Ce qui sépare les deux techniques

Le laser qui corrige la vision est exactement le même dans les deux cas : un laser excimer, qui remodèle la cornée avec une précision micrométrique pour modifier sa puissance optique. La différence ne porte pas sur la correction elle-même, mais sur la façon d'accéder au tissu à traiter.

Femto-LASIK

Avec volet cornéen

Un premier laser, dit femtoseconde, découpe un volet ultrafin dans la cornée. Ce volet est délicatement soulevé pour laisser le laser excimer remodeler le tissu situé en dessous. Le volet est ensuite repositionné à sa place exacte : il adhère naturellement en quelques secondes, sans aucune suture.

PKR

En surface, sans volet

L'épithélium, la couche superficielle de la cornée, fine comme du papier à cigarette, est retiré mécaniquement ou chimiquement. Le laser excimer remodèle alors directement la surface ainsi exposée. Une lentille de contact thérapeutique est ensuite posée pour protéger l'œil le temps que l'épithélium se reconstitue naturellement, en quatre à cinq jours.

La récupération

C'est sur ce point que les deux techniques se distinguent le plus nettement. Le Femto-LASIK permet de retrouver une vision fonctionnelle dès le lendemain. La PKR, elle, demande un peu de patience durant la première semaine.

Femto-LASIK

Rapide et confortable

J+1 : vision fonctionnelle, reprise du travail souvent possible.

Première semaine : légères fluctuations visuelles, soulagées par des collyres lubrifiants.

1 à 3 mois : vision définitivement stabilisée.[1]

PKR

Plus progressive

Les 48 premières heures : larmoiement, sensibilité à la lumière, sensation de corps étranger dans l'œil. Inconfortable, mais pas douloureux au sens strict.

Jour 7 : retrait de la lentille thérapeutique, épithélium entièrement reconstitué.

1 à 3 mois : vision stabilisée. Jusqu'à six mois pour les corrections les plus importantes.

La qualité de vision à long terme

Les études comparatives menées au-delà de cinq ans ne montrent aucune différence significative entre la PKR et le Femto-LASIK, que ce soit en termes de précision ou de stabilité.[2] Pour les patients correctement sélectionnés, plus de 95 % atteignent une vision à 10/10 ou équivalente, quelle que soit la technique choisie. La différence se joue dans le chemin parcouru, pas dans la destination.

Les halos et éblouissements nocturnes peuvent apparaître en postopératoire immédiat avec l'une comme avec l'autre. Ils diminuent progressivement et sont, à trois mois, résiduels ou totalement absents chez la grande majorité des patients.

Le risque mécanique à long terme

Le volet créé en Femto-LASIK, même parfaitement cicatrisé, reste théoriquement déplaçable en cas de traumatisme oculaire direct et violent. Cette éventualité demeure exceptionnelle, mais elle existe, y compris plusieurs années après l'intervention. La PKR, qui ne crée aucun volet, préserve l'intégrité mécanique complète de la cornée.[3]

Pour les pratiquants d'arts martiaux, de boxe, de rugby ou de sports aquatiques intensifs, la PKR est donc systématiquement recommandée. Pour la grande majorité des autres profils, ce risque est si faible qu'il ne pèse pas réellement dans la décision.

La sécheresse oculaire

La création du volet en Femto-LASIK sectionne une partie des nerfs cornéens superficiels, ce qui peut aggraver temporairement une sécheresse oculaire préexistante. L'innervation se reconstitue progressivement, mais le délai est plus long qu'avec la PKR, qui préserve davantage les fibres nerveuses de surface.[4]

En cas de sécheresse oculaire modérée détectée lors du bilan, la PKR est souvent privilégiée. En cas de sécheresse sévère, en revanche, ni l'une ni l'autre n'est indiquée d'emblée : il faut alors traiter la sécheresse en premier lieu, puis réévaluer.

L'épaisseur cornéenne

Le Femto-LASIK consomme environ 100 microns pour la création du volet, auxquels s'ajoute l'épaisseur nécessaire à la correction. La PKR, elle, ne consomme que l'épaisseur strictement nécessaire à la correction. Pour les cornées fines ou les corrections importantes, la PKR peut donc être la seule option laser réellement sécurisée. Si ce n'est pas le cas, il faut alors s'orienter vers une solution alternative comme les implants ICL.

Le choix en pratique

Femto-LASIK si : cornée d'épaisseur normale, pas de sport de contact, pas de sécheresse marquée, besoin de récupération rapide (vie professionnelle peu compatible avec une semaine d'inconfort).

PKR si : cornée fine ou irrégulière, sport de contact, sécheresse oculaire modérée, profession réglementée imposant la PKR, ou retouche après une précédente chirurgie laser.

Ni l'une ni l'autre si : kératocône, même fruste ; correction trop importante pour l'épaisseur disponible ; sécheresse sévère non traitée. Dans ces cas, les implants ICL offrent souvent une alternative adaptée.

Aucune des deux techniques n'est supérieure dans l'absolu. Toutes deux sont parmi les plus documentées et les plus mûres de toute la chirurgie réfractive. C'est le profil du patient qui désigne la bonne réponse.

C'est le bilan qui trancheTopographie, pachymétrie, film lacrymal, antécédents, mode de vie : ce sont ces mesures et ce contexte qui désignent la technique adaptée. Aucun choix ne se fait sans bilan complet.

Références

  1. Solomon KD, et al. LASIK World Literature Review: quality of life and patient satisfaction. Ophthalmology. 2009;116(4):691-701.
  2. O'Doherty M, et al. Five-year follow-up of LASIK and LASEK for myopia. J Refract Surg. 2006;22(5):437-445.
  3. Moshirfar M, et al. Laser in situ keratomileusis and PRK in contact sports. Clin Ophthalmol. 2014;8:1111-1114.
  4. De Paiva CS, et al. Corneal nerve density after PRK vs LASIK. Cornea. 2006;25(9):1042-1047.
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